Orthographe française

Comment s'écrit le pluriel de « bijou » ?

La réponse

Le pluriel de bijou s'écrit bijoux, avec un x final. Cette particularité fait partie des mots français qui ne prennent pas de s au pluriel mais un x, comme joujou, caillou ou chou. Cette règle s'applique à tous les mots de cette famille pour des raisons historiques liées à l'évolution de la langue.

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Le mot bijou illustre l’une des particularités les plus emblématiques de l’orthographe française : son pluriel s’écrit bijoux, sans s final, mais avec un x. Cette particularité n’est pas isolée : elle s’inscrit dans une catégorie de mots dont la forme plurielle a évolué sous l’influence de transformations linguistiques anciennes. À travers ce terme, c’est toute une logique de la langue qui se révèle, mêlant héritage phonétique et stabilité orthographique.

Un pluriel marqué par l’histoire

L’absence de s et la présence d’un x dans bijoux ne sont pas le fruit du hasard. Cette terminaison remonte à des évolutions phonétiques survenues entre le Moyen Âge et la Renaissance. À l’époque médiévale, les mots en -ou au singulier adoptaient souvent un pluriel en -ous ou -oux pour des raisons de prononciation. Avec le temps, certains mots ont conservé cette forme plurielle en -oux, tandis que d’autres ont été uniformisés. Bijou fait partie des rares survivants de cette ancienne tradition, aux côtés de joujou, caillou, chou ou encore genou.

Une règle qui défie le temps

Contrairement à d’autres pluriels irréguliers, comme ceux des mots en -al (ex. cheval → chevaux), la terminaison en -oux pour bijou et ses semblables n’a pas subi de modifications majeures depuis plusieurs siècles. Cette stabilité s’explique par la reconnaissance immédiate de ces formes dans la langue écrite et parlée. Les grammairiens et les académiciens ont, au fil des éditions du Dictionnaire de l’Académie française, préservé ces particularités, les considérant comme des marqueurs essentiels de l’identité orthographique du français.

Des exceptions qui confirment la règle

Si la majorité des mots en -ou forment leur pluriel en ajoutant un s (ex. clou → clous), les mots comme bijou illustrent une exception notable. Cette divergence s’explique par leur origine et leur usage historique. Les termes bijou, joujou ou caillou étaient autrefois des diminutifs ou des mots expressifs, souvent employés dans un registre familier ou poétique. Leur pluriel en -oux a ainsi été maintenu pour les distinguer des autres mots de la même terminaison. Cette distinction renforce la richesse lexicale du français, où chaque mot porte en lui une trace de son évolution.

Un cas d’école pour les apprenants

Pour les locuteurs non natifs ou les élèves, bijou et ses semblables représentent un défi orthographique de taille. Leur apprentissage nécessite une mémorisation spécifique, car ces formes ne suivent pas les règles générales du pluriel. Cependant, cette difficulté est aussi une opportunité : elle permet de mieux comprendre la complexité et la beauté de la langue française. Les enseignants insistent souvent sur ces mots pour illustrer comment l’orthographe peut refléter des siècles d’histoire linguistique, tout en exigeant une attention particulière.