Plantes et botanique

En quelle année a été découverte la photosynthèse et par qui ?

La réponse

La photosynthèse a été découverte en 1845 par le botaniste allemand Julius von Sachs. Il a démontré que les plantes absorbent le dioxyde de carbone et libèrent de l'oxygène grâce à la lumière du soleil, un processus essentiel à la vie sur Terre. Ses travaux ont jeté les bases de la compréhension moderne de la physiologie végétale.

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La photosynthèse, ce mécanisme biologique qui permet aux plantes de transformer la lumière du soleil en énergie, est aujourd’hui considérée comme l’un des processus les plus fondamentaux de la biosphère. Pourtant, sa découverte s’est étalée sur plusieurs siècles, marquée par des avancées scientifiques majeures et des contributions de chercheurs aux profils variés. Avant que le terme même ne soit popularisé, des observations empiriques avaient déjà mis en lumière le rôle de la lumière dans la croissance des végétaux, mais c’est au XIXe siècle que les mécanismes fondamentaux furent élucidés.

Les prémices de la compréhension du phénomène

Dès le XVIIIe siècle, les scientifiques commencent à s’interroger sur la manière dont les plantes se nourrissent. En 1772, le chimiste britannique Joseph Priestley observe qu’une plante placée sous une cloche en verre peut "régénérer" l’air vicié par la combustion d’une bougie, une découverte qui suggère un lien entre les végétaux et l’oxygène. Cependant, Priestley ne comprend pas encore le rôle de la lumière dans ce processus. Quelques années plus tard, en 1779, le médecin et botaniste néerlandais Jan Ingenhousz affine ces observations : il montre que les plantes ne produisent de l’oxygène qu’en présence de lumière, posant ainsi les premières bases de la compréhension de la photosynthèse. Ces travaux restent cependant limités à des observations macroscopiques, sans explication des mécanismes internes.

L’apport décisif de Jean Senebier et Nicolas-Théodore de Saussure

Au tournant du XIXe siècle, le pasteur et naturaliste genevois Jean Senebier approfondit les recherches en confirmant que les plantes absorbent du dioxyde de carbone (CO₂) et rejettent de l’oxygène (O₂) sous l’effet de la lumière. Ses expériences, publiées entre 1797 et 1807, établissent clairement le rôle du CO₂ dans la nutrition végétale. Peu après, le chimiste suisse Nicolas-Théodore de Saussure démontre, dans son ouvrage Recherches chimiques sur la végétation (1804), que la croissance des plantes dépend non seulement du CO₂, mais aussi de l’eau et de sels minéraux. Ces travaux marquent une étape clé, car ils introduisent l’idée que les végétaux synthétisent des composés organiques à partir de matières inorganiques, un concept révolutionnaire pour l’époque.

Julius von Sachs et l’aboutissement de la théorie moderne

C’est dans ce contexte que Julius von Sachs, botaniste allemand reconnu pour ses méthodes rigoureuses, publie en 1862 un mémoire fondateur intitulé Die Geschichte der Botanik. Bien que la date de 1845 soit souvent citée pour ses travaux sur la photosynthèse, ses contributions les plus abouties datent en réalité des années 1860. Sachs démontre expérimentalement que la chlorophylle, pigment vert des plantes, est indispensable à l’absorption de la lumière, et que l’amidon se forme dans les feuilles sous l’action de la lumière. Il établit ainsi le lien direct entre lumière, chlorophylle et production de matière organique. Ses observations, réalisées à l’aide de microscopes et de techniques de coloration innovantes, permettent de visualiser pour la première fois les processus internes de la photosynthèse.

L’héritage scientifique et les prolongements contemporains

Les découvertes de Sachs et de ses prédécesseurs ont ouvert la voie à une compréhension moléculaire de la photosynthèse. Au XXe siècle, les progrès de la biochimie révèlent les étapes précises de ce processus, notamment le cycle de Calvin (1948) et le rôle des chloroplastes. Aujourd’hui, les chercheurs étudient même la possibilité de reproduire artificiellement la photosynthèse pour produire des carburants propres, un champ de recherche inspiré par les travaux du XIXe siècle. L’histoire de la découverte de la photosynthèse illustre ainsi comment la science progresse par étapes, en s’appuyant sur des observations initiales avant d’atteindre une compréhension fine des mécanismes naturels.