Quel événement met fin à la monarchie en France en 1792 ?
La réponse
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Le 21 septembre 1792 marque un tournant radical dans l’histoire politique française : ce jour-là, la monarchie est abolie au profit de la République. Cet acte ne survient pas de manière isolée, mais s’inscrit dans une série d’événements violents et de transformations institutionnelles qui, en quelques mois, bouleversent l’ordre social et politique hérité des siècles précédents. La chute de la monarchie n’est pas seulement l’œuvre d’un coup de force, mais le résultat d’une crise multidimensionnelle, où s’entremêlent tensions sociales, rivalités politiques et défaites militaires.
La chute des Tuileries : un symbole de la rupture révolutionnaire
L’insurrection du 10 août 1792 constitue l’étincelle qui précipite la fin de la monarchie constitutionnelle. Ce jour-là, des milliers de fédérés, de sans-culottes et de gardes nationaux encerclent le palais des Tuileries, où réside Louis XVI avec sa famille depuis le transfert de la famille royale à Paris en octobre 1789. La Garde suisse, chargée de la protection du roi, est submergée par les assaillants après des combats sanglants dans les jardins du palais. L’arrestation de la famille royale scelle le sort de la monarchie : le roi, considéré comme un obstacle à la Révolution, est suspendu de ses fonctions et placé sous la garde de l’Assemblée législative. Cet événement ne se limite pas à une simple révolte populaire ; il incarne la radicalisation du processus révolutionnaire, où le peuple, désormais armé et organisé, impose sa volonté aux institutions.
La Convention nationale : une assemblée pour un nouveau régime
Quelques semaines après les événements des Tuileries, la Convention nationale est élue au suffrage universel masculin – une première en France – et se réunit pour la première fois le 20 septembre 1792. Cette assemblée, composée de députés issus de divers courants politiques, des Girondins aux Montagnards, a pour mission de donner une nouvelle Constitution à la France. Mais avant même de rédiger un texte constitutionnel, elle doit trancher une question essentielle : quel régime adopter ? Le 21 septembre, à l’unanimité, les députés votent l’abolition de la royauté et proclament la République. Ce choix n’est pas anodin : il s’agit de rompre définitivement avec un système monarchique vieux de plus de mille ans, tout en répondant à l’attente d’une partie de la population, lasse des compromis et des tergiversations des années précédentes.
Le contexte international : la guerre et la peur de l’invasion
La proclamation de la République intervient dans un contexte international extrêmement tendu. Depuis avril 1792, la France est en guerre contre l’Autriche, puis contre la Prusse, qui forment une coalition pour écraser la Révolution et rétablir l’absolutisme. Les défaites militaires initiales, comme celle de Longwy ou de Verdun, alimentent un climat de peur et de paranoïa. Les révolutionnaires craignent une restauration monarchique orchestrée par des puissances étrangères, tandis que les royalistes espèrent un retour de la monarchie avec l’aide des armées ennemies. Dans ce contexte, la République apparaît comme le seul régime capable de mobiliser la nation entière contre l’invasion, tout en légitimant la défense des idéaux révolutionnaires : liberté, égalité, souveraineté populaire.
Les conséquences immédiates : une monarchie remplacée par un système républicain
L’abolition de la monarchie le 21 septembre 1792 entraîne des transformations radicales dans l’organisation du pouvoir. La Convention nationale devient le nouveau centre de l’autorité politique, remplaçant l’Assemblée législative dissoute. Louis XVI, désormais simple citoyen répondant au nom de Louis Capet, est jugé pour trahison en décembre 1792, puis exécuté le 21 janvier 1793. Cet acte, qui choque l’Europe entière, confirme la rupture définitive avec l’Ancien Régime. Par ailleurs, la République naissante doit faire face à des défis immenses : la guerre continue, les divisions politiques s’aggravent, et une partie de la population reste attachée à la monarchie. Pourtant, malgré ces difficultés, la proclamation de la République marque le début d’une nouvelle ère politique, où le principe de souveraineté nationale remplace définitivement celui de la monarchie de droit divin.