Premières fois dans l'histoire

Quel explorateur a réalisé la première circumnavigation terrestre ?

La réponse

Fernand de Magellan est souvent crédité de la première circumnavigation terrestre, bien qu'il n'ait pas survécu au voyage. Son expédition, partie en 1519, a permis de prouver que la Terre était ronde et a ouvert de nouvelles routes maritimes. L'un de ses navires, le Victoria, est revenu en Espagne en 1522 avec seulement 18 survivants.

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En septembre 1519, cinq navires quittèrent l’Espagne sous le commandement de Fernand de Magellan, un navigateur portugais au service de la couronne espagnole. Leur objectif était de trouver une route occidentale vers les îles aux épices, en contournant l’Amérique du Sud. Ce voyage, qui devait durer près de trois ans, entrerait dans l’histoire comme la première circumnavigation terrestre, bien que son initiateur n’en vît jamais l’achèvement.

Une expédition née de la rivalité ibérique

L’idée d’une traversée vers l’ouest n’était pas nouvelle en 1519. Christophe Colomb l’avait déjà tentée en 1492, mais sans succès. Magellan, quant à lui, s’appuyait sur des cartes portugaises et des récits de pilotes basques qui évoquaient l’existence d’un passage vers l’océan Pacifique au sud du continent américain. Son projet fut approuvé par le roi Charles Quint, soucieux de concurrencer le Portugal dans la course aux épices. L’expédition comptait environ 270 hommes, dont des Espagnols, des Portugais, des Italiens et des Français, ainsi que des esclaves malais et africains.

Le détroit et l’océan inconnu

Après des mois de navigation le long des côtes sud-américaines, Magellan découvrit en novembre 1520 un passage aujourd’hui connu sous le nom de détroit de Magellan. Cette route, longue de près de 600 kilomètres, était semée d’embûches : courants traîtres, vents violents et falaises escarpées. Sur les cinq navires partis de Séville, deux firent demi-tour, un sombra, et un autre fut sabordé. Seul le Trinidad, commandé par Magellan, et le Victoria, dirigé par Juan Sebastián Elcano, poursuivirent la traversée vers l’océan Pacifique, alors encore largement inexploré.

L’océan Pacifique : un désert aquatique

Une fois le détroit franchi, les équipages découvrirent un océan d’une étendue insoupçonnée, d’où son nom Pacifique. Les trois mois et demi de traversée furent marqués par la faim, la soif et le scorbut. Les vivres s’épuisaient, et les marins se nourrissaient de rats, de cuir bouilli et d’eau croupie. Magellan, dont les compétences en navigation étaient reconnues, maintint une discipline stricte, mais le moral des hommes s’effritait. Sur les quelque 150 hommes ayant franchi le détroit, plus de la moitié succombèrent avant d’atteindre les Philippines en mars 1521.

La mort de Magellan aux Philippines

Dans les îles de l’archipel philippin, Magellan s’impliqua dans un conflit local en prenant parti pour un souverain contre son rival. Le 27 avril 1521, il fut tué lors de la bataille de Mactan, aux côtés de plusieurs de ses hommes. Sa mort marqua un tournant : le commandement échut à son second, Duarte Barbosa, puis à João Serrão, avant que le commandement ne revienne finalement à Juan Sebastián Elcano, un Basque expérimenté. Ce dernier prit alors la décision de poursuivre la route vers l’ouest, contournant l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance.

Le retour du Victoria : une preuve tangible

Le 6 septembre 1522, après trois ans et un mois de voyage, le Victoria, seul navire rescapé, accosta à Séville avec seulement 18 survivants à bord. Parmi eux, le chroniqueur Antonio Pigafetta, dont le récit détaillé des événements nous offre aujourd’hui un témoignage précieux. Bien que Magellan n’ait pas survécu pour voir le retour de l’expédition, son nom reste associé à cette première circumnavigation, dont il fut l’instigateur et le principal organisateur. Le globe terrestre, désormais confirmé dans sa rotondité, s’ouvrait à une nouvelle ère d’exploration et de commerce.