Climat

Quel pays est actuellement le plus grand émetteur de CO2 au monde ?

La réponse

Depuis les années 2000, la Chine est le plus grand émetteur de CO2 au monde, en raison de sa forte industrialisation et de son utilisation massive du charbon pour produire de l'énergie. Les États-Unis et l'Inde suivent, mais avec des émissions par habitant bien inférieures.

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Peu de données économiques et environnementales suscitent autant de débats que le classement des pays émetteurs de CO2. Cette hiérarchie, qui évolue chaque année sous l’effet des politiques énergétiques, des cycles industriels et des transitions technologiques, place aujourd’hui la Chine en tête depuis plus de deux décennies. Son modèle de développement, fondé sur une croissance rapide et une dépendance au charbon, a fait d’elle le premier pollueur mondial en volume absolu d’émissions. Pourtant, cette position ne reflète pas les mêmes enjeux selon qu’on l’analyse en termes de production ou de responsabilité historique.

Une industrialisation massive portée par le charbon

La domination chinoise dans les émissions mondiales de CO2 s’explique principalement par son industrialisation accélérée depuis les années 1990. Le pays est devenu l’atelier du monde, produisant une part majeure des biens manufacturés consommés à l’échelle planétaire. Cette transformation s’est appuyée sur une ressource énergétique abondante et bon marché : le charbon. Aujourd’hui encore, ce combustible fossile représente près de 60 % de la production d’électricité chinoise, malgré les efforts récents pour développer les énergies renouvelables. Les centrales à charbon, souvent de grande taille et peu équipées de technologies de capture du carbone, génèrent des émissions colossales. En 2022, selon les données de Global Carbon Project, la Chine a émis environ 12,7 milliards de tonnes de CO2, soit près de 30 % du total mondial.

Un rythme de croissance des émissions qui reste élevé

Contrairement à d’autres grandes économies, la Chine continue d’afficher une augmentation annuelle de ses émissions, bien que le rythme se soit ralenti ces dernières années. Entre 2000 et 2010, ses rejets de CO2 ont presque triplé, portés par une expansion économique à deux chiffres. Depuis, la croissance s’est stabilisée autour de 1 à 2 % par an, mais reste supérieure à celle des États-Unis ou de l’Europe. Ce phénomène s’explique en partie par la demande intérieure, notamment dans les secteurs de la construction et de l’acier, ainsi que par l’augmentation du trafic routier. Les politiques de relance économique post-pandémie ont également conduit à une reprise de la production industrielle, avec des conséquences directes sur les émissions.

Des émissions par habitant bien inférieures à celles des pays occidentaux

Si la Chine domine en volume absolu, son niveau d’émissions par habitant reste inférieur à celui des États-Unis ou de plusieurs pays européens. En 2022, chaque Chinois a émis en moyenne environ 8,7 tonnes de CO2 par an, contre 14 tonnes pour un Américain et près de 6 tonnes pour un Européen. Cette différence s’explique par une densité de population plus élevée, une structure économique moins centrée sur les services et un niveau de vie encore en cours de convergence avec les standards occidentaux. Cependant, avec l’urbanisation croissante et l’émergence d’une classe moyenne, la pression sur les ressources énergétiques ne cesse de s’intensifier, posant un défi majeur pour la transition écologique du pays.

Des engagements climatiques ambitieux, mais des résultats encore limités

Face à l’urgence climatique, la Chine a pris des engagements ambitieux, notamment lors de l’Accord de Paris en 2015. Le pays s’est fixé pour objectif d’atteindre un pic de ses émissions avant 2030 et de parvenir à la neutralité carbone d’ici 2060. Pour y parvenir, il mise sur un développement massif des énergies renouvelables, avec une capacité installée en solaire et en éolien qui dépasse désormais celle de tout autre pays. Pourtant, malgré ces avancées, le charbon reste indispensable pour assurer la stabilité du réseau électrique, surtout lors des pics de demande. Les experts soulignent que la réalisation de ces objectifs dépendra largement de la capacité du gouvernement à accélérer la fermeture des centrales les plus polluantes et à généraliser les technologies de capture et de stockage du carbone.