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Quel pays possède le plus grand nombre d’éoliennes en fonctionnement ?

La réponse

La Chine détient le record avec le plus grand nombre d’éoliennes en fonctionnement. Le pays mise massivement sur l’énergie renouvelable pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles et lutter contre la pollution atmosphérique.

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Avec plus de 300 gigawatts de capacité éolienne installée en 2023, la Chine domine largement le paysage mondial des énergies renouvelables. Le pays concentre près d’un tiers des éoliennes en fonctionnement sur la planète, un record qui reflète sa stratégie industrielle agressive et ses investissements massifs dans la transition énergétique. Cette hégémonie s’explique par une combinaison de politiques publiques volontaristes, de subventions ciblées et d’un marché intérieur colossal.

Une croissance tirée par des objectifs nationaux ambitieux

Dès les années 2000, la Chine a intégré l’éolien dans son plan quinquennal, fixant des cibles de capacité installées toujours plus élevées. En 2020, le pays s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060, accélérant encore le déploiement des turbines. Contrairement à d’autres nations où les projets éoliens dépendent souvent de subventions publiques, la Chine a développé une filière locale intégrée, capable de produire des éoliennes à grande échelle et à moindre coût. Cette autonomie industrielle a permis de réduire les coûts de près de 40 % en dix ans, rendant l’énergie éolienne compétitive même sans aides gouvernementales.

Des parcs géants en mer et dans les déserts intérieurs

Les régions côtières de la Chine, notamment le Hebei et le Jiangsu, abritent certains des plus grands parcs éoliens offshore au monde, comme le projet de Rudong avec plus de 300 turbines. Mais c’est dans les zones désertiques de l’ouest, comme le Gansu ou le Xinjiang, que l’expansion est la plus spectaculaire. Ces régions, autrefois considérées comme hostiles, accueillent désormais des "fermes éoliennes" couvrant des milliers de kilomètres carrés, connectées au réseau grâce à des lignes à haute tension ultra-longues. Cette stratégie permet de compenser l’intermittence de la production en diversifiant les sources géographiques.

Un écosystème industriel entièrement repensé

La Chine ne se contente pas d’installer des éoliennes : elle a restructuré toute sa chaîne de valeur. Des géants comme Goldwind, Mingyang ou Envision dominent le marché mondial, tandis que des centaines de petites entreprises locales produisent des composants allant des pales aux systèmes de contrôle. Le pays a aussi investi dans la recherche, avec des laboratoires dédiés aux éoliennes de nouvelle génération, capables de fonctionner dans des conditions extrêmes. Cette approche verticale a permis de réduire la dépendance aux technologies étrangères, un enjeu stratégique dans un secteur aussi concurrentiel.

Des défis persistants malgré la domination

Malgré son avance, la Chine doit faire face à des obstacles majeurs. La saturation de certains réseaux régionaux, notamment dans les provinces du nord, a conduit à des périodes de "curtailment" où l’électricité éolienne est gaspillée faute de capacité d’absorption. Par ailleurs, la qualité des installations varie considérablement, avec des parcs vieillissants dans certaines zones rurales. Enfin, les tensions géopolitiques, notamment avec les États-Unis, pourraient freiner les exportations de technologies chinoises, un pilier de sa stratégie industrielle. Ces défis rappellent que la domination actuelle n’est pas une garantie de pérennité.