Quel président français a été en fonction pendant la Seconde Guerre mondiale ?
La réponse
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Albert Lebrun, dernier président de la Troisième République française, incarne une période charnière de l’histoire nationale marquée par l’effondrement de 1940. Son mandat, débuté en 1932 et prolongé jusqu’au 11 juillet 1940, couvre les années les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale, durant lesquelles la France, bien que neutralisée militairement, tente de préserver une souveraineté institutionnelle malgré l’occupation étrangère.
La présidence d’Albert Lebrun dans un contexte international tendu
Albert Lebrun, membre de l’Alliance démocratique, accède à la présidence de la République en mai 1932, succédant à Paul Doumer, assassiné en cours de mandat. Son élection intervient dans une Europe déjà traversée par des tensions croissantes : montée des régimes totalitaires, remilitarisation de la Rhénanie en 1936, et guerre civile espagnole. Lebrun, bien que figure symbolique de la République parlementaire, voit ses prérogatives limitées par un régime politique fragilisé, où le pouvoir exécutif est partagé entre le président et des gouvernements successifs souvent instables.
L’échec de la résistance face à l’invasion allemande
L’offensive allemande de mai-juin 1940 précipite la défaite française en quelques semaines. Contrairement à une idée reçue, Lebrun n’est pas un acteur direct des décisions militaires, mais il incarne la légitimité républicaine face à l’effondrement. Le 16 juin 1940, il nomme le maréchal Pétain, héros de la Première Guerre mondiale, à la tête du gouvernement, dans l’espoir d’obtenir un armistice. Cette décision, bien que controversée rétrospectivement, s’inscrit dans une logique de sauvegarde nationale, même si elle ouvre la voie à l’installation du régime de Vichy.
La fin du mandat : un départ sous la contrainte
Le 10 juillet 1940, les pleins pouvoirs sont accordés à Pétain par l’Assemblée nationale, réunie à Vichy. Le lendemain, Lebrun, qui avait tenté de quitter la capitale pour Tours puis Bordeaux, signe un décret de dissolution de la Chambre des députés et du Sénat, actant la fin de la Troisième République. Il quitte alors ses fonctions sans démissionner formellement, mais sous la pression des événements. Contrairement à certains ministres ou parlementaires, il ne rejoint pas le camp collaborationniste, mais reste en retrait jusqu’à sa mort en 1950, sans jamais renier publiquement ses convictions républicaines.
Un héritage politique et mémoriel contrasté
L’histoire retient d’Albert Lebrun un président dont le mandat a été marqué par l’impuissance face à l’Histoire. Son rôle durant la guerre reste sujet à débat : certains historiens soulignent son attachement à la légalité républicaine, tandis que d’autres critiquent son absence de résistance active face au régime de Vichy. Après 1944, il se tient à l’écart de la vie publique, laissant à d’autres le soin de reconstruire la France. Son nom, pourtant, reste associé à l’une des périodes les plus douloureuses du XXe siècle français, où la présidence, institutionnellement affaiblie, ne put empêcher la défaite ni la division nationale.