Langues du monde

Quelle langue est considérée comme la langue internationale de la science ?

La réponse

L'anglais est la langue la plus utilisée dans la publication scientifique, avec environ 90 % des articles en science, technologie et médecine publiés en anglais. Cette domination remonte à la Seconde Guerre mondiale et à l'influence des États-Unis dans la recherche.

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L’anglais occupe aujourd’hui une place sans équivalent dans le paysage scientifique mondial. Depuis plusieurs décennies, il s’est imposé comme la langue dominante de la recherche, structurant la diffusion des savoirs et influençant les carrières académiques. Cette prééminence ne résulte pas d’un choix arbitraire, mais s’enracine dans des transformations historiques, institutionnelles et technologiques qui ont redéfini les règles du jeu scientifique à l’échelle planétaire.

La domination de l’anglais : un phénomène récent et massif

Les études bibliométriques confirment que l’anglais représente désormais près de 90 % des publications en science, technologie et médecine. Cette proportion atteint même 95 % dans certaines disciplines comme la physique ou l’informatique. Les revues scientifiques de haut niveau, qu’elles soient américaines, britanniques, européennes ou asiatiques, publient désormais la majorité de leurs articles en anglais, même lorsque leurs comités éditoriaux sont internationaux. Cette uniformisation linguistique s’accompagne d’une marginalisation progressive des autres langues, qui ne subsistent souvent que dans des revues spécialisées ou locales.

Un tournant historique lié à la guerre froide et à l’expansion américaine

L’hégémonie de l’anglais dans la science ne s’est pas construite de manière linéaire. Elle s’est accélérée après la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de rivalité Est-Ouest et de montée en puissance des États-Unis comme leader de la recherche. Les laboratoires américains, soutenus par des financements publics massifs, ont produit une quantité croissante d’articles, tandis que les revues scientifiques de langue anglaise ont bénéficié d’un effet de réseau : plus elles publiaient d’articles influents, plus les chercheurs du monde entier souhaitaient y soumettre leurs travaux. Ce cercle vertueux a consolidé la position dominante de l’anglais comme langue de la science moderne.

Les conséquences pour les chercheurs non anglophones

Pour les scientifiques dont la langue maternelle n’est pas l’anglais, la nécessité de publier dans cette langue pose des défis majeurs. Non seulement elle exige une maîtrise précise des codes académiques anglo-saxons, mais elle implique aussi des coûts supplémentaires, que ce soit pour la traduction, la relecture ou l’adaptation aux attentes des revues internationales. Certains pays, comme la Chine ou l’Allemagne, investissent massivement dans des programmes de formation à l’anglais scientifique, tandis que d’autres, notamment dans les pays en développement, peinent à suivre cette course linguistique. Cette situation crée des inégalités d’accès à la visibilité scientifique, renforçant les disparités entre les nations.

L’anglais, langue de la science… mais pour combien de temps ?

Malgré son hégémonie actuelle, l’anglais comme langue unique de la science n’est pas un phénomène immuable. Plusieurs facteurs pourraient, à terme, remettre en cause cette domination. L’essor de la Chine comme puissance scientifique, avec une production croissante d’articles en mandarin, ainsi que le développement de revues en langues locales pourraient, à long terme, fragmenter le paysage linguistique de la recherche. Par ailleurs, l’intelligence artificielle et les outils de traduction automatique pourraient réduire la barrière linguistique, permettant à des articles rédigés dans d’autres langues d’accéder à une audience internationale. Pour l’instant, cependant, l’anglais reste incontournable.