Qui a découvert le réchauffement climatique ?
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Le réchauffement climatique n’est pas une découverte soudaine, mais le résultat d’une accumulation de connaissances scientifiques étalées sur plus d’un siècle. Dès le milieu du XIXe siècle, des physiciens et chimistes ont commencé à explorer les mécanismes qui lient la composition de l’atmosphère à la température terrestre. Leurs travaux, souvent méconnus du grand public, ont posé les bases d’une compréhension progressive d’un phénomène qui allait devenir l’un des défis majeurs du XXIe siècle.
Les pionniers du XIXe siècle et l’effet de serre
Svante Arrhenius, chimiste suédois lauréat du prix Nobel en 1903, est souvent cité comme l’un des premiers à avoir formulé une théorie cohérente sur l’impact du dioxyde de carbone (CO2) sur le climat. En 1896, il publie un article intitulé « De l’influence de l’acide carbonique dans l’air sur la température au sol », où il calcule que le doublement de la concentration de CO2 pourrait entraîner une hausse des températures de 4 à 6 °C. Ses calculs, bien que rudimentaires selon les standards actuels, reposaient sur des principes physiques solides et marquent une étape clé dans la prise de conscience du rôle des gaz à effet de serre.
À la même époque, le mathématicien et physicien américain Eunice Newton Foote mène des expériences sur la chaleur absorbée par différents gaz. En 1856, elle publie une étude où elle observe que le CO2 retient davantage la chaleur que l’air, suggérant ainsi son rôle potentiel dans le réchauffement de l’atmosphère. Bien que ses travaux aient été peu diffusés à l’époque, ils préfigurent les recherches ultérieures sur l’effet de serre. Ces contributions, longtemps éclipsées, sont aujourd’hui reconnues comme des jalons essentiels dans l’histoire des sciences du climat.
Les avancées du XXe siècle : des hypothèses aux premières alertes
Au début du XXe siècle, les scientifiques se concentrent davantage sur la variabilité naturelle du climat, comme les cycles glaciaires, plutôt que sur l’impact des activités humaines. Cependant, dans les années 1930, l’ingénieur britannique Guy Stewart Callendar relance le débat en compilant des données météorologiques mondiales. Il observe une tendance au réchauffement et attribue cette hausse à l’augmentation des émissions de CO2 d’origine industrielle. Ses travaux, publiés en 1938, sont accueillis avec scepticisme, mais ils ouvrent la voie à une prise de conscience progressive.
Ce n’est qu’à partir des années 1950 que les recherches prennent une nouvelle dimension, notamment grâce à l’amélioration des instruments de mesure et à l’implication d’institutions scientifiques. Charles David Keeling, un géochimiste américain, lance en 1958 une série de mesures continues de la concentration de CO2 dans l’atmosphère à l’observatoire de Mauna Loa, à Hawaï. Ces données, connues sous le nom de « courbe de Keeling », révèlent une augmentation constante du CO2, confirmant ainsi les craintes des scientifiques. Ces observations deviennent un symbole de l’impact humain sur le climat.
Les années 1980 : l’émergence d’un consensus scientifique
C’est dans les années 1980 que le réchauffement climatique passe du statut d’hypothèse à celui de préoccupation mondiale. En 1985, une conférence internationale tenue à Villach, en Autriche, réunit des scientifiques et des décideurs pour discuter des changements climatiques. Les participants concluent que les émissions de gaz à effet de serre pourraient entraîner un réchauffement « sans précédent » au cours du XXIe siècle. Cette réunion marque un tournant en plaçant le sujet au cœur des débats politiques et médiatiques.
En 1988, James Hansen, directeur de l’Institut Goddard d’études spatiales de la NASA, témoigne devant le Congrès des États-Unis. Il déclare avec une certitude de 99 % que le réchauffement climatique est en cours et qu’il est principalement causé par les activités humaines. Ses déclarations, soutenues par des données satellitaires et des modèles climatiques, contribuent à alerter les gouvernements et le public. Cette période voit également la création du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en 1988, une organisation clé dans la synthèse des connaissances scientifiques sur le sujet.