Montagnes du monde

Qui a été le premier à gravir l'Everest ?

La réponse

Le premier à avoir atteint le sommet de l'Everest fut Edmund Hillary, un alpiniste néo-zélandais, accompagné de Tenzing Norgay, un sherpa népalais, le 29 mai 1953. Cette ascension historique a marqué un tournant dans l'histoire de l'alpinisme.

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Le 29 mai 1953, deux hommes écrivaient une page majeure de l’histoire de l’alpinisme en foulant pour la première fois le sommet du mont Everest. Ce jour-là, Edmund Hillary, alpiniste néo-zélandais, et Tenzing Norgay, sherpa népalais expérimenté, accomplissaient un exploit longtemps considéré comme inaccessible. Leur ascension, couronnée de succès sous les couleurs britanniques lors d’une expédition organisée par le Club alpin britannique, marquait l’aboutissement de décennies de tentatives et de sacrifices. Mais au-delà du récit héroïque, cette première soulève des questions sur les défis techniques, humains et politiques qui ont entouré cette conquête.

La course au sommet : une rivalité internationale

Dès le début du XXe siècle, l’Everest, alors appelé pic XV, attirait l’attention des alpinistes européens et asiatiques. Les Britanniques, qui dominaient alors l’Himalaya, voyaient dans cette montagne un symbole de leur puissance coloniale. Plusieurs expéditions, notamment en 1922, 1924 et 1938, avaient tenté l’ascension, mais sans succès. La plus tragique fut celle de 1924, lorsque George Mallory et Andrew Irvine disparurent à quelques centaines de mètres du sommet, alimentant le mystère de leur possible réussite. Les tentatives allemandes et suisses dans les années 1930 ajoutèrent une dimension géopolitique à cette quête, transformant l’Everest en un terrain de compétition entre nations.

Tenzing Norgay : l’expert des hauteurs himalayennes

Derrière le succès de 1953 se cachait une expertise locale essentielle : celle de Tenzing Norgay. Né dans une famille de sherpas au Népal, il avait participé à plusieurs expéditions britanniques avant 1953, notamment aux côtés de Eric Shipton. Les sherpas, porteurs et guides expérimentés, jouaient un rôle clé dans la logistique et la survie en haute altitude. Tenzing, dont le nom signifie « riche en chance » en tibétain, connaissait les conditions extrêmes de l’Everest mieux que quiconque. Son partenariat avec Hillary fut déterminant, bien que les récits officiels aient souvent minimisé son rôle, reflétant les préjugés de l’époque envers les populations locales.

Les défis techniques d’une ascension historique

Gravir l’Everest en 1953 relevait autant de la prouesse physique que de l’innovation technique. L’expédition dirigée par John Hunt utilisait un équipement rudimentaire par les standards actuels : des tentes en toile, des bouteilles d’oxygène peu efficaces et des vêtements en laine. Les alpinistes devaient affronter des vents violents, des températures descendant sous les -40°C et une pression atmosphérique réduite à 30 % de la normale. La stratégie reposait sur une progression en étapes, avec des camps de base avancés et des rotations de porteurs pour transporter le matériel. Chaque mètre gagné était une victoire contre un environnement hostile.

Un exploit médiatisé dans un contexte politique complexe

L’annonce de la réussite de Hillary et Tenzing coïncidait avec le couronnement de la reine Élisabeth II, le 2 juin 1953. Les Britanniques, soucieux de marquer l’événement, diffusèrent la nouvelle en priorité, renforçant le prestige de l’expédition. Pourtant, cette première était aussi un symbole de coopération internationale : Tenzing, bien que népalais, avait été intégré à une équipe britannique, illustrant les dynamiques complexes entre colonisateurs et populations locales. Plus tard, des débats émergeront sur la propriété de l’exploit, notamment au Népal et en Inde, où Tenzing sera célébré comme une figure nationale.