Histoire de France

Qui a été le premier président de la Cinquième République française ?

La réponse

Charles de Gaulle a été le premier président de la Cinquième République, élu en décembre 1958. Il a fondé cette nouvelle République pour renforcer les institutions après la crise politique liée à la guerre d'Algérie. Son mandat a été marqué par la décolonisation, la construction européenne et une politique étrangère indépendante, notamment avec la sortie de la France de l'OTAN en 1966.

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Charles de Gaulle incarne l’un des tournants les plus décisifs de l’histoire politique française du XXe siècle en devenant, en 1959, le premier président de la Cinquième République. Ce régime, toujours en vigueur aujourd’hui, a été conçu pour répondre à une crise institutionnelle profonde et redonner à la France une stabilité politique après des années de tensions liées à la décolonisation. Son élection marque ainsi le début d’une ère où l’exécutif gagne en puissance, transformant durablement l’équilibre des institutions.

Un nouveau régime né d’une crise majeure

La Cinquième République est officiellement instaurée par la Constitution du 4 octobre 1958, adoptée dans un contexte de grande instabilité politique. La Quatrième République, affaiblie par des gouvernements éphémères et incapable de gérer la guerre d’Algérie, est au bord de l’effondrement. C’est dans ce contexte que Charles de Gaulle, rappelé au pouvoir en juin 1958 par le président René Coty, propose une refonte institutionnelle. Le projet constitutionnel, élaboré sous sa direction, est approuvé par référendum le 28 septembre 1958 avec 82,6 % de "oui". Cette nouvelle Constitution renforce considérablement les pouvoirs de l’exécutif, notamment ceux du président, qui devient la clé de voûte du système politique.

L’élection de 1958 : un scrutin fondateur

Charles de Gaulle est élu premier président de la Cinquième République le 21 décembre 1958 par un collège électoral de grands électeurs, et non par suffrage universel direct comme cela se fera à partir de 1962. Ce mode d’élection, inspiré des pratiques de la Quatrième République, reflète une transition progressive vers un régime plus présidentiel. De Gaulle obtient 78,5 % des suffrages, un score qui témoigne de son autorité morale après son rôle central dans la Libération de la France en 1944 et son retour au pouvoir en 1958. Son élection officialise la légitimité d’un régime conçu pour incarner une France forte et unie.

La décolonisation, un défi central du début des années 1960

Le mandat de de Gaulle est immédiatement marqué par la question algérienne, qui représente le principal enjeu politique et moral de l’époque. Après des années de guerre et de violences, la France reconnaît l’indépendance de l’Algérie en 1962, mettant fin à un conflit colonial de plus de sept ans. Cette décision, bien que controversée, permet à de Gaulle de consolider son autorité et de tourner la page d’un chapitre douloureux de l’histoire française. La décolonisation s’étend également à d’autres territoires africains, où la France engage des processus d’indépendance dans un cadre négocié, souvent en maintenant des liens étroits avec ses anciennes colonies.

Une politique étrangère ambitieuse et indépendante

Sur la scène internationale, de Gaulle mène une politique étrangère résolument indépendante, rompant avec les alignements automatiques de la Guerre froide. En 1966, il annonce le retrait de la France de l’OTAN, illustrant sa volonté de ne pas subordonner la défense nationale aux décisions américaines. Parallèlement, il promeut la construction européenne, tout en défendant une vision intergouvernementale plutôt que fédérale, comme en témoigne son opposition au projet de "Europe politique" défendu par certains partenaires. Cette politique, souvent qualifiée de "grandeur", vise à faire de la France une puissance respectée, capable de peser sur la scène mondiale.

Un héritage institutionnel toujours présent

Le modèle institutionnel mis en place par de Gaulle en 1958 perdure aujourd’hui, même si son fonctionnement a évolué, notamment avec l’élection du président au suffrage universel direct à partir de 1962. Les pouvoirs étendus du chef de l’État, la rationalisation du parlementarisme et la stabilité gouvernementale restent des caractéristiques majeures de la Cinquième République. De Gaulle a ainsi laissé une empreinte durable sur la vie politique française, faisant de lui non seulement le premier président de ce régime, mais aussi l’un des architectes les plus influents de l’État moderne en France.