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Qui était Catherine II de Russie, surnommée Catherine la Grande ?

La réponse

Catherine II, connue sous le nom de Catherine la Grande, fut impératrice de Russie de 1762 à 1796. Elle a modernisé le pays en promouvant les arts et les sciences, tout en étendant considérablement les frontières de l'Empire russe. Son règne est souvent associé à l'essor culturel et politique de la Russie.

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Née Sophie-Frédérique-Augusta d’Anhalt-Zerbst en 1729 dans une petite principauté allemande, Catherine II de Russie, future impératrice sous le nom de Catherine la Grande, incarne l’un des règnes les plus marquants de l’histoire impériale russe. Son accession au pouvoir en 1762, après un coup d’État contre son époux Pierre III, marque le début d’une ère de profondes transformations pour la Russie. Son règne, qui s’étend jusqu’à sa mort en 1796, se distingue par une volonté affichée de modernisation inspirée des Lumières, tout en consolidant un empire déjà vaste et en renforçant son influence sur la scène européenne.

Une souveraine éclairée et son rapport aux idées des Lumières

Catherine II a entretenu une correspondance suivie avec les plus grands philosophes de son temps, tels que Voltaire et Diderot, ce qui lui a valu le surnom de « Sémiramis du Nord ». Elle a tenté d’appliquer certaines idées des Lumières en Russie, notamment en promouvant l’éducation et en réformant l’administration. En 1767, elle a convoqué une commission législative chargée de rédiger un nouveau code de lois, bien que celle-ci n’ait finalement pas abouti. Cependant, ses réformes restent limitées par la résistance de l’aristocratie et les réalités d’un empire encore largement rural et autocratique. Son engagement intellectuel, bien que partiellement théorique, a contribué à façonner l’image d’une souveraine éclairée, même si ses actions ont parfois contredit cet idéal.

L’expansion territoriale et la consolidation de l’Empire russe

Sous son règne, la Russie a connu une expansion territoriale sans précédent, s’étendant vers l’ouest, le sud et l’est. Les partitions de la Pologne entre 1772, 1793 et 1795 ont permis à la Russie d’annexer d’immenses territoires, renforçant sa présence en Europe centrale. Au sud, après une série de guerres contre l’Empire ottoman, la Russie a obtenu un accès à la mer Noire par la Crimée, annexée en 1783. À l’est, les frontières avec la Chine ont été stabilisées par le traité de Kiakhta en 1727, bien que les relations commerciales avec l’Empire chinois aient continué de jouer un rôle important. Ces conquêtes ont fait de la Russie l’un des plus grands États du monde, mais elles ont aussi accru les tensions avec les puissances européennes, notamment la Prusse et l’Autriche.

Un mécénat culturel ambitieux mais sélectif

Catherine II a été une grande protectrice des arts et des sciences, cherchant à faire de Saint-Pétersbourg une capitale culturelle majeure. Elle a fondé l’Académie des Beaux-Arts en 1757 et a considérablement enrichi l’Ermitage, dont les collections sont devenues parmi les plus prestigieuses au monde. Elle a également soutenu des écrivains russes comme Derjavine et a encouragé la traduction d’œuvres étrangères. Cependant, son mécénat s’est souvent concentré sur une élite francophone et germanophone, reflétant les divisions culturelles au sein de la société russe. Les classes populaires, en particulier les paysans, sont restées largement exclues de ces initiatives, malgré les discours sur le progrès et la civilisation.

La question paysanne et les limites de son règne

Malgré ses prétentions réformatrices, Catherine II a maintenu et même renforcé le servage, qui liait les paysans à la terre et aux propriétaires terriens. En 1767, elle a confirmé les droits des nobles sur leurs serfs, tout en limitant les possibilités de rébellion paysanne par des lois répressives. Cette politique a conduit à des révoltes, dont la plus célèbre fut celle de Pougatchev (1773-1775), un cosaque qui s’est présenté comme l’empereur Pierre III et a soulevé des centaines de milliers de paysans. La répression de cette révolte, marquée par une brutalité extrême, a montré les limites du projet de modernisation de Catherine II et les contradictions de son règne. Le servage ne sera aboli qu’en 1861, bien après sa mort.