Présidents français

Qui fut le premier président de la Cinquième République française ?

La réponse

Le premier président de la Cinquième République française fut Charles de Gaulle. Il a été élu en 1958 après avoir joué un rôle clé dans la fondation de la nouvelle République, notamment en réponse à la crise algérienne et à l'instabilité politique de la Quatrième République. Son mandat a duré jusqu'en 1969.

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Le 4 octobre 1958, la France adopte une nouvelle Constitution, marquant officiellement la naissance de la Cinquième République. Ce texte fondateur, élaboré sous l’impulsion du général Charles de Gaulle, redéfinit profondément les institutions du pays et instaure un régime présidentiel fort. Dans ce cadre, le premier président élu sous ce nouveau régime incarne une rupture politique majeure, après des décennies d’instabilité gouvernementale sous la Quatrième République.

Un mandat né dans l’urgence politique

L’élection de Charles de Gaulle à la présidence de la Cinquième République intervient dans un contexte de crise majeure. En 1958, la guerre d’Algérie et les tensions en Afrique du Nord menacent la cohésion nationale, tandis que l’instabilité ministérielle de la Quatrième République – avec 24 gouvernements en douze ans – discrédite le Parlement. De Gaulle, rappelé au pouvoir en juin 1958, obtient les pleins pouvoirs pour réformer les institutions. La nouvelle Constitution, approuvée par référendum en septembre 1958, renforce considérablement les prérogatives du président, faisant de lui le garant de l’autorité de l’État.

Un scrutin indirect et un engagement historique

Contrairement aux élections présidentielles modernes, le premier président de la Cinquième République est élu non pas au suffrage universel direct, mais par un collège électoral composé de parlementaires, de conseillers généraux et de représentants des collectivités locales. Ce mode de scrutin, prévu par l’article 6 de la Constitution de 1958, reflète la méfiance des fondateurs envers une démocratie trop directement soumise aux fluctuations de l’opinion publique. Charles de Gaulle, seul candidat en lice, est élu le 21 décembre 1958 avec 78,5 % des voix, un score écrasant qui consacre son autorité morale et politique.

La présidence de Gaulle : un modèle institutionnel durable

Le mandat de Charles de Gaulle s’étend de janvier 1959 à avril 1969, période durant laquelle il façonne durablement les institutions françaises. Son action repose sur trois piliers : la décolonisation, avec l’indépendance de l’Algérie en 1962 ; la modernisation économique, via les "Trente Glorieuses" ; et la construction européenne, notamment avec le traité de Rome. Cependant, son refus de céder à la pression lors de la crise de mai 1968 et son projet de réforme du Sénat, rejeté par référendum, conduisent à sa démission en 1969. Son héritage institutionnel, marqué par l’élection du président au suffrage universel direct à partir de 1962, reste l’un des fondements de la Ve République.

Un héritage institutionnel encore vivace

Plus de soixante ans après sa fondation, la Cinquième République conserve les grandes lignes tracées par de Gaulle. Le président, élu au suffrage universel direct depuis 1962, concentre des pouvoirs étendus : nomination du Premier ministre, dissolution de l’Assemblée nationale, recours au référendum ou encore usage de l’article 16 en cas de crise. Si le débat sur l’équilibre des institutions persiste – entre hyperprésidentialisation et nécessité de contre-pouvoirs –, la Ve République reste le régime le plus durable de l’histoire française, preuve de la pertinence du modèle gaullien.